L'histoire du projet GNU diffère en beaucoup de points de ce plan initial. Par exemple, le début a été reporté jusqu'en janvier 1984. Plusieurs des concepts philosophiques du logiciel libre n'ont été clarifiés que plusieurs années après.
Ce diagramme, créé initialement par Chao-Kuei et mis à jour par plusieurs autres depuis, explique les différentes catégories de logiciels. Il est disponible sous forme de fichier SVG et de fichier XFig, sous les termes de la GNU GPL v2 ou supérieure, de la GNU FDL v1.2 ou supérieure ou de la Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions (CC BY-SA), v2.0 ou supérieure.
Toute décision prise par une personne découle de ses valeurs et de ses buts dans la vie. Les gens peuvent avoir beaucoup de buts et de valeurs différents ; la gloire, le profit, l'amour, la survie, l'amusement, ou la liberté, ne sont qu'une partie des buts qu'une personne normale peut avoir. Quand ce but est une question de principe, cela s'appelle de l'idéalisme.
En quoi l'open source perd de vue l'éthique du logiciel libre
Les termes « logiciel libre » et « open source » recouvrent à peu près la même gamme de logiciels. Cependant, ils disent des choses profondément différentes sur ces logiciels, car ils se basent sur des valeurs différentes. Le mouvement du logiciel libre fait campagne pour la liberté des utilisateurs de l'informatique ; c'est un mouvement qui lutte pour la liberté et la justice. L'idéologie open source, par contre, met surtout l'accent sur les avantages pratiques et ne fait pas campagne pour des principes. C'est pourquoi nous ne sommes pas d'accord avec l'open source et n'utilisons pas ce terme.
Les programmeurs sont bien conscients du fait que parmi les brevets logiciels existants nombreux sont ceux qui couvrent des idées ridiculement évidentes. Pourtant les défenseurs du système de brevets prétendent souvent que ces idées ne sont pas triviales, mais évidentes seulement a posteriori. Et il est étonnamment difficile de démontrer la fausseté de ce propos dans un débat. Pourquoi cela ?
Le manifeste GNU, reproduit ci-dessous, a été écrit par Richard Stallman en 1985 pour demander un soutien au développement du système d'exploitation GNU. Une part du texte provient de l'annonce originelle de 1983. Jusqu'en 1987, il y a eu quelques petites mises à jour pour tenir compte de l'évolution du projet, mais il nous semble maintenant plus judicieux de le laisser inchangé.
Vous exécutez peut-être des programmes non libres sur votre ordinateur chaque jour sans même vous en apercevoir – par l'intermédiaire de votre navigateur web.
En 1971, quand j'ai commencé à travailler au labo d'intelligence artificielle (IA) du MIT (Institut de technologie du Massachusetts), j'ai intégré une communauté qui partageait le logiciel depuis de nombreuses années déjà. Le partage du logiciel n'était pas limité à notre communauté ; c'est une notion aussi ancienne que les premiers ordinateurs, tout comme le partage des recettes est aussi ancien que la cuisine. Mais nous partagions davantage que la plupart.
Mauvaise interprétation du copyright : une série d'erreurs
Quelque chose d'étrange et de dangereux est en train d'arriver à la loi sur le copyright.a Dans la Constitution américaine, le copyright est fait pour bénéficier aux utilisateurs (ceux qui lisent des livres, écoutent de la musique, regardent des films ou utilisent des logiciels) et non pour servir les intérêts des éditeurs ou des auteurs. Cependant, alors que les gens tendent de plus en plus à rejeter et transgresser le copyright qui leur est imposé « pour leur propre bénéfice », le gouvernement ajoute des restrictions supplémentaires et essaie d'effrayer le public avec de nouvelles sanctions sévères pour qu'il rentre dans le rang.
Mots à éviter ou à utiliser avec précaution,car connotés ou prêtant à confusion
Il y a un certain nombre de mots et d'expressions que nous vous recommandons d'éviter, du moins dans certains contextes et usages. Certains sont ambigus ou trompeurs ; d'autres présupposent un point de vue avec lequel nous ne sommes pas d'accord et, nous l'espérons, vous n'êtes pas d'accord non plus.
Pourquoi le logiciel libre a besoin d'une documentation libre
Le plus grand défaut des systèmes d'exploitation libres n'est pas dans le logiciel, mais dans le manque de bons manuels libres que nous pouvons y inclure. Beaucoup de nos programmes les plus importants ne sont pas fournis avec des manuels complets. La documentation est une partie essentielle de tout logiciel ; quand un logiciel libre important n'est pas fourni avec un manuel libre, c'est une lacune majeure. Aujourd'hui, nous avons de nombreuses lacunes comme celle-là.
Pourquoi les logiciels ne doivent pas avoir de propriétaire
Les techniques numériques de l'information contribuent à l'intérêt général en rendant plus commodes sa copie et sa modification. Les ordinateurs apportent la promesse de faciliter ces opérations pour chacun d'entre nous.
De qui votre ordinateur doit-il recevoir ses ordres ? La plupart des gens pensent que leurs ordinateurs doivent leur obéir, et non pas obéir à quelqu'un d'autre. Par une stratégie qu'elles appellent « informatique de confiance » [trusted computing], de grandes sociétés de médias (entre autres du cinéma et de l'industrie du disque), ainsi que des sociétés informatiques telles que Microsoft et Intel, projettent de faire en sorte que votre ordinateur leur obéisse plutôt qu'à vous (chez Microsoft ce stratagème est nommé « Palladium »). Il est déjà arrivé que des programmes privateurs a contiennent des dispositifs malveillants, mais ce projet rendrait cette pratique universelle.
« Logiciel libre » [free software] désigne des logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs. En gros, cela veut dire que les utilisateurs ont la liberté d'exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels. Ainsi, « logiciel libre » fait référence à la liberté, pas au prix a (pour comprendre ce concept, vous devez penser à « liberté d'expression », pas à « entrée libre »). Pour bien montrer qu'il ne s'agit pas de gratuité, nous utilisons quelquefois en anglais l'expression libre software, qui emprunte au français ou à l'espagnol.
Sur Internet, utiliser un logiciel privateur1 n'est pas le seul moyen de perdre votre liberté informatique. Il existe une autre façon de donner à un tiers du pouvoir sur votre informatique : le « service se substituant au logiciel », ou SaaSS.
Vous avez dit « propriété intellectuelle » ? Un séduisant mirage
C'est devenu à la mode de jeter le copyright, les brevets et les marques déposées (trois entités séparées et très différentes, impliquant trois types de lois séparées et différentes), plus une douzaine d'autres lois, dans un même sac étiqueté « propriété intellectuelle ». Ce vocable n'est pas apparu par accident ; il déforme ces sujets et les noie dans une confusion dont l'industrie profite et qu'elle entretient. Le moyen le plus simple de sortir de cette confusion est de le rejeter complètement.
Il y a vingt-cinq ans, le 27 septembre 1983, j'annonçais le projet de créer un système d'exploitation totalement libre, appelé GNU (ce qui signifie GNU's Not Unix – GNU N'est pas Unix). Cet article, écrit à l'occasion du 25e anniversaire du système GNU, a pour sujet la manière dont notre communauté peut éviter des compromis ruineux. À part éviter ces compromis ruineux, il y a de nombreuses façons d'aider le projet GNU et le logiciel libre. L'une d'elles est de refuser d'utiliser un programme non libre ou un mal-service en ligne, ne serait-ce qu'une seule fois.